Non, ce n'est pas du Bitcoin, ni aucune détention directe de cryptomonnaie.
Le support envisagé est R-co Thematic Blockchain (FR0014008M99), un fonds actions thématique de droit français, lancé en juillet 2022. Il investit dans des sociétés cotées dont l'activité est liée au développement ou à l'usage de la technologie blockchain.
Ce que cela change concrètement :
- Vous détenez des actions d'entreprises, pas des jetons.
- La valorisation dépend des résultats et des perspectives de ces sociétés — lesquelles restent fortement sensibles au sentiment général sur le secteur crypto.
- Le support s'intègre comme unité de compte classique dans un contrat d'assurance vie, avec la fiscalité et les mécanismes habituels.
Le Portefeuille Permanent est une stratégie d'équilibre, pas de performance maximale. Sa solidité est documentée : sur 2016–2025, 9,24%/an, une volatilité de 12,43%, 8 années positives sur 10, et un pire exercice limité à −10,84% en 2022 — l'année où, exceptionnellement, les quatre briques ont baissé ensemble.
Sa contrepartie assumée : il ne cherche pas à capter au maximum les phases d'euphorie. C'est le prix de l'équilibre.
Un client au profil dynamique, avec un horizon long, peut vouloir consacrer une petite fraction de son allocation à un moteur de croissance plus offensif. C'est le rôle du satellite.
Ce que les chiffres montrent sur 2018–2025 :
| Sur 8 ans (2018–2025) | Pur | + satellite 5% |
|---|---|---|
| CAGR | +8,83%/an | +9,76%/an |
| Pire année | −10,84% | −13,42% |
Soit +0,93 point de rendement annuel, payé par une aggravation de la pire année de 2,58 points. C'est l'arbitrage, en une ligne.
L'architecture reste inchangée. Le satellite est financé proportionnellement par les quatre piliers, pas ajouté à côté.
Pourquoi cette mécanique plutôt qu'une 5e brique équipondérée ? Parce que les quatre piliers répondent chacun à un régime économique précis — prospérité, inflation, déflation, récession. Prélever davantage sur l'un que sur l'autre déséquilibrerait la couverture. En prélevant à parts égales, on préserve l'équilibre relatif entre les quatre régimes.
Trois raisons, dont une décisive.
- La décisive — le cadre du contrat. Dans une assurance vie, on investit via des unités de compte référencées au contrat. On n'y détient pas de titres vifs. La question ne se pose donc pas en pratique : c'est un fonds, ou rien.
- Diversification interne. Un fonds thématique répartit l'exposition sur un ensemble de sociétés du secteur. Détenir trois ou quatre titres en direct concentrerait le risque sur des paris individuels — un risque de nature différente, et bien moins maîtrisable.
- Gestion et suivi. Le secteur évolue vite. Un gérant ajuste les positions ; un particulier suivrait difficilement le même rythme.
C'est le point le plus important de cette page, et il doit être compris avant de regarder le moindre chiffre.
Le fonds réel est trop récent pour un backtest exploitable. Les simulations présentées ici reposent donc sur un proxy : un ETF américain de même thématique blockchain, coté depuis 2018, qui sert d'approximation du comportement du secteur.
Pourquoi ce choix : la fenêtre 2018–2025 contient un cycle complet, krach inclus. Sans elle, on ne montrerait qu'un marché porteur — ce qui serait trompeur.
Comportement du proxy sur la période :
| Proxy blockchain 2018–2025 | Valeur |
|---|---|
| Rendement annualisé | +17,47%/an |
| Meilleure année (2023) | +99,53% |
| Pire année (2022) | −62,36% |
Un actif capable de perdre près des deux tiers de sa valeur sur une seule année civile. C'est précisément pour cette raison qu'il est plafonné à 5%.
Année par année, sur 2018–2025 :
| Année | Pur | Proxy blockchain | + satellite 5% |
|---|---|---|---|
| 2018 | −5,98% | −30,00% | −7,18% |
| 2019 | +17,89% | +29,57% | +18,47% |
| 2020 | +10,16% | +90,15% | +14,16% |
| 2021 | +5,89% | +31,19% | +7,15% |
| 2022 | −10,84% | −62,36% | −13,42% |
| 2023 | +10,16% | +99,53% | +14,63% |
| 2024 | +14,00% | +53,26% | +15,96% |
| 2025 | +35,94% | +39,22% | +36,10% |
| Cumul 8 ans | +96,8% | +262,6% | +110,7% |
| CAGR | +8,83%/an | +17,47%/an | +9,76%/an |
Traduit en euros — 100 000 € investis début 2018, sans versement complémentaire :
Le SRI (Summary Risk Indicator, ou indicateur synthétique de risque) est une note réglementaire européenne, définie par le règlement PRIIPS. Elle figure obligatoirement sur le DIC de chaque produit, sur une échelle de 1 (risque le plus faible) à 7 (le plus élevé).
Ce n'est ni une appréciation commerciale, ni un classement maison : c'est un calcul normé, combinant risque de marché et risque de crédit, identique pour tous les distributeurs européens.
Ordres de grandeur au sein du portefeuille :
- Le fonds euro à capital garanti se situe dans le bas de l'échelle.
- Les briques actions et obligations occupent la zone intermédiaire.
- Un fonds actions thématique sectoriel comme le satellite blockchain se situe dans le haut de l'échelle.
Ce que ce chiffre traduit concrètement : la capacité du support à perdre une part importante de sa valeur sur un exercice. Le proxy a reculé de plus de 62% en 2022. C'est cela que la note résume.
Ce n'est pas acquis — et c'est le premier point à trancher, avant même la question de l'adéquation au profil.
Un fonds thématique de cette nature n'est pas référencé sur l'ensemble des contrats. La disponibilité dépend du contrat souscrit, de sa génération et de la liste d'unités de compte qui lui est attachée.
Démarche :
- Vérification de la liste des supports du contrat concerné, à jour, avant toute présentation chiffrée.
- Si le support n'est pas référencé : la proposition se fait sur le Portefeuille Permanent 25/25/25/25 pur, qui reste la stratégie de référence et se suffit à elle-même.
Trois conditions, cumulatives. Si une seule manque, la réponse est non.
1 — L'horizon. Le tableau de la question 6 le montre : l'apport du satellite se concentre sur quelques exercices, imprévisibles à l'avance. Sur une fenêtre courte, on peut n'attraper que 2022. Un horizon long, sans besoin de rachat programmé, est indispensable.
2 — La tolérance réelle, pas déclarée. La question n'est pas « acceptez-vous le risque ? » — à froid, tout le monde répond oui. Elle est : en 2022, votre portefeuille affiche −13,42% et la ligne blockchain −62%. Que faites-vous ? Si la réponse est « je vends », le satellite est contre-indiqué : vendre au creux transforme une volatilité passagère en perte définitive.
3 — La solidité de la base. Le satellite se justifie sur un patrimoine déjà structuré : épargne de précaution constituée, projets à moyen terme financés par ailleurs. Il n'a pas sa place dans une allocation qui porte encore des besoins non couverts.
Non, le principe est identique. Chaque 1er janvier, l'allocation revient à sa cible : 23,75% × 4 + 5%.
En pratique, cela signifie qu'après une forte hausse du satellite on en allège mécaniquement la position pour revenir à 5% ; après une chute, on la renforce.
Ce mécanisme a un effet notable ici. Un support très volatil s'écarte fortement de sa cible chaque année : le rééquilibrage y matérialise plus souvent des plus-values et impose de racheter dans les creux. C'est aussi le garde-fou qui empêche le satellite de dériver : sans lui, une séquence favorable pourrait le porter bien au-delà de 5% et déséquilibrer l'ensemble à l'insu du client.
C'est l'objection la plus fréquente, et elle mérite mieux qu'une réponse de principe. Nous l'avons donc testée sur les données réelles de la stratégie.
Le test : chaque 1er janvier, au lieu de revenir à 25/25/25/25, on place 100% du portefeuille sur la brique qui a le mieux performé l'année précédente. C'est la version la plus favorable — et la plus disciplinée — de l'idée « renforcer ce qui marche ».
| Année | On mise sur | Rééquilibré | Suivre le gagnant |
|---|---|---|---|
| 2017 | Or | +4,58% | −9,68% |
| 2018 | Actions USA | −5,98% | −8,85% |
| 2019 | Fonds Euro | +17,89% | +1,00% |
| 2020 | Or | +10,16% | +17,41% |
| 2021 | Actions USA | +5,89% | +24,65% |
| 2022 | Actions USA | −10,84% | −21,82% |
| 2023 | Fonds Euro | +10,16% | +2,60% |
| 2024 | Actions USA | +14,00% | +24,37% |
| 2025 | Actions USA | +35,94% | +8,07% |
| CAGR 2017–2025 | 9 ans | +8,35%/an | +3,06%/an |
Premier constat : sur cette fenêtre, le rééquilibrage gagne nettement. +8,35%/an contre +3,06%/an, soit un écart de 5,29 points par an. Sur 100 000 € investis en 2017, l'écart atteint 74 615 € au bout de seulement 9 ans.
Deuxième constat : regardez comment cet écart se forme.
- La méthode ne bat le rééquilibrage que 3 années sur 9 (2020, 2021, 2024).
- La pire année passe de −10,84% à −21,82% — un drawdown deux fois plus profond.
- À tout instant, 100% du capital est exposé à une seule classe d'actifs.
Troisième constat — le plus parlant : la ligne 2025. Le gagnant 2024 était les Actions USA. La méthode y plaçait donc tout le capital et a récolté +8,07%. Pendant ce temps, l'Or faisait +129,53% — et le portefeuille rééquilibré, qui en détenait 25% parce que c'est sa règle, a capté +35,94%. Un écart de près de 28 points sur un seul exercice, et c'était la plus belle année de toute la série.
C'est le cœur du sujet : le gagnant tourne. Sur les 8 transitions de cette fenêtre, la position gagnante n'a conservé sa place que 2 fois. Renforcer ce qui a monté revient donc, la plupart du temps, à parier sur la continuation d'un mouvement qui est déjà en train de s'essouffler — tout en ayant vendu ce qui s'apprêtait à décoller.
Et si on ne rééquilibrait tout simplement jamais ? Sur 2016–2025, un portefeuille laissé dériver aurait progressé de 9,79%/an — davantage encore. Mais regardons dans quel état il finit :
| Poids après 10 ans sans rééquilibrage | Cible | Réel |
|---|---|---|
| Or (inflation) | 25% | 46,8% |
| Actions USA (prospérité) | 25% | 28,6% |
| Obligations HY (déflation) | 25% | 13,0% |
| Fonds Euro (récession) | 25% | 11,7% |
Le client croit détenir un Portefeuille Permanent équilibré. Il détient en réalité un portefeuille où l'or approche la moitié du capital — et ce, uniquement parce qu'une seule année exceptionnelle (2025, +129,53%) a suffi à faire basculer l'équilibre. Ce n'est pas une dérive lente accumulée sur des décennies : c'est le genre de concentration qui peut se former en une poignée d'années si personne ne rééquilibre. Le fonds euro, censé amortir les récessions, tombe à moins de 12% — au moment précis où son rôle protecteur serait le plus utile. La performance supplémentaire ne vient pas d'une meilleure méthode : elle vient d'avoir été, par dérive et sans l'avoir choisi, surexposé à l'actif qui vient de flamber. La prochaine décennie n'a aucune obligation de ressembler à la précédente.
Question légitime — faisons le calcul.
- Actions USA : 23,75%
- Satellite blockchain (actions thématiques) : 5%
- Total exposition actions : 28,75%, contre 25% dans l'allocation pure.
Soit +3,75 points d'actions. L'écart est réel et doit être annoncé comme tel.
Deux nuances, cependant :
- Les deux poches n'ont pas le même profil : l'une suit un indice large et diversifié, l'autre une thématique sectorielle étroite. Elles ne réagissent pas aux mêmes facteurs.
- Les poches Or, Obligations HY et Fonds Euro conservent chacune 23,75% : leur poids relatif entre elles reste équilibré.
Le portefeuille pur est la référence. Le satellite est une option qu'on peut ajouter plus tard — et l'ordre a son importance.
Démarrer sur le 25/25/25/25 pur permet de :
- Éprouver sa propre réaction à un exercice négatif, sur une amplitude mesurée (pire année : −10,84% en 10 ans) plutôt que sur une amplitude aggravée.
- Constater le fonctionnement du rééquilibrage annuel sur un cycle réel.
- Décider ensuite en connaissance de cause, sur une expérience vécue plutôt qu'une projection.
Un ajout ultérieur ne coûte rien : il se fait par arbitrage ou versement complémentaire, sans dénouer le contrat ni perdre son antériorité fiscale.